Les parlementaires américains dénoncent l’abus de pouvoir du Président Trump

Le 21 août 2018, Donald Trump faisait face aux accusations de son ancien avocat et conseiller, Michael Cohen, à propos de fraudes fiscales et de plusieurs relations extraconjugales. Aujourd’hui, les parlementaires américains n’ont pas oublié ces graves incriminations et ont ordonné au fils aîné du président ainsi qu’à l’un des hauts dirigeants de la Trump Organization, la remise de documents nécessaires à l’enquête sur le président Donald Trump.
 

Les aveux de l’ex-avocat de Donald Trump

Durant l’interrogatoire mené par la jeune démocrate du Congrès, Alexandria Ocasio-Cortez, l’ex-avocat du président, Michael Cohen a affirmé que le financier Weisselberg et le fils de Donald Trump avaient organisé, ensemble, le remboursement des maîtresses de Donald Trump, un acte reconnu comme une violation des lois américaines. Et ce n’est pas tout, Michael Cohen a également soutenu que le M. Weisselberg était au courant des sous-évaluations et sur-évaluations d’actifs faites par la Trump Organization (telles que sur les clubs de golf, propriétés immobilières, etc.) dans le but d’obtenir des prêts bancaires, des indemnisations d’assurances ou des réductions d’impôts.

Depuis des mois, les enquêteurs sont au fait des actes répréhensibles du président grâce à la coopération de Michael Cohen, cependant ce dernier ne fournit aucune preuve permettant aux fédéraux de pouvoir condamner Trump, d’où l’importance du rôle du financier Weisselberg et de ses précieuses informations.

Un témoin clé : le directeur des finances

Directeur financier de la Trump Organization depuis 2000, Allen Weisselberg est au service de la famille Trump depuis plus de 40 ans. D’abord présent pour le père du président, Frederick Trump, Allen Weisselberg connaît mieux que quiconque les finances de Donald Trump et devient donc un témoin essentiel pour l’enquête.

Le financier a déjà signé un accord de coopération avec les enquêteurs se limitant aux opérations liées au paiement des maîtresses. Cependant, si les fédéraux trouvent des informations compromettantes pour Weisselberg, ils pourront élargir le contrat et demander des explications sur le financement des campagnes électorales.

La question est : Allen Weisselberg va-t-il changer de position comme a pu le faire Michael Cohen ?
 

Début de la fin d’un mandat présidentiel ?

Jerry Nadler, président de la commission judiciaire de la Chambre des représentants, a déclaré que les investigations contre Donald Trump ont pour objectif de “présenter l’affaire devant le peuple américain à propos de l’entrave à la justice, de la corruption et des abus de pouvoir” du président des États-Unis.

Face aux accusations répétées de “chasse aux sorcières” de Trump à propos de l’enquête sur la collusion avec la Russie, mais aussi concernant le renvoi du directeur du FBI James Comey (mai 2017), lié aux soupçons de cette entente secrète entre Moscou et son équipe de campagne, Jerry Nadler a estimé “que le président fait entrave à la justice”.

Depuis de nombreux mois (et même depuis l’élection présidentielle américaine), le président des USA fait l’objet de critiques concernant son manque d’aptitude dans la direction des États-Unis. Le 25e amendement de la Constitution des États-Unis prévoit la possibilité que le président puisse être écarté de son rôle s’il est considéré comme étant “dans l’incapacité d’exercer les pouvoirs et les responsabilités de sa fonction”. Cette formulation, que l’on peut qualifier de “floue”, est de ce fait extrêmement complexe à appliquer, car même si l'ensemble des responsables des départements exécutifs alertent le Sénat et le Congrès que le président est incapable d’exercer ses fonctions, ce dernier peut à son tour prouver qu’il ne souffre d’aucune incapacité et reprendre ainsi son poste de façon immédiate.

Pour le moment, cela ne reste qu’un début et est encore loin d’être une fin. Les démocrates ne semblent pas disposés à jouer la carte de la destitution (“impeachment” en anglais), jugeant cette procédure à risque. Selon Jerry Nadler, “La route est encore longue”...

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